Dénoter et conoter
La dénotation d'un mot c'est à quoi il réfère.
La connotation fait intervenir l'émotion dans le sens du mot.
C'est la raison pour laquelle a été inventé le politiquement correct : ainsi le mot nègre à une connotation péjorative liée entre autre à l'histoire. C'est pour cela qu'il a été remplacé progressivement par noir puis black puis homme de couleur.
Mais la dénotation du mot n'a pas changée. Quand à la connotation, elle n'a pas disparue en changeant le mot puisqu'il s'agit toujours de distinguer une personne quand à la couleur de sa peau «foncée».
Remarquons aussi le rajout du mot race devant (race blanche), ce qui n'a aucun sens dans la dénotation du mot race : une race au sens biologique est liée au fait de pouvoir avoir des descendants entre deux individus. A moins bien sûr de vouloir connoter le mot comme quoi il est impossible qu'une reproduction existe entre ces deux individus.
Il serait plus judicieux d'utiliser la dénotation allèle pour pour parler de la couleur de peau.
Maintenant que sont posés les termes dénotation et connotation, je voudrais pousser le bouchon un petit peu plus loin et réfléchir à des mots souvent employés par nos politiques et qui méritent attention : évolution et progrès
Au niveau de la dénotation, le progrès est ce qui va de l'avant, tandis que l'évolution traduit une modification.
Sur un plan purement philosophique, une évolution n'est pas une amélioration; ainsi sur le plan biologique, l'homme n'est pas plus évolué que l'Escherichia Coli qui se développe dans nos eaux croupies. Les deux espèces ont le même nombre d'années d'évolution derrière elles; on ne peut même pas dire que l'une d'elles est mieux adaptée que l'autre.
A ce propos je vous laisse réfléchir à titre d'exercice au mot adaptation. On prête depuis Darwin aux êtres vivants une volonté d'adaptation. C'est un contre sens des travaux de Darwin. Il n'y a aucune intelligence ni volonté dans le fait de s'adapter. Même chez l'homme dont la «stratégie» d'adaptation est d'adapter l'environnement à lui, à la différence d'autres espèces qui évoluent «pour» s'adapter.
En faisant ainsi, l'homme est de plus en plus dépendant des objets qu'il élabore pour être une espèce adaptée. (merde mon portable est mort que vais-je devenir?)
A mon avis le vrai progrès est celui qui nous rend actif en avançant. Avancer ne veut pas dire changer. En avançant je reste moi-même et c'est en cherchant à rester moi-même que j'avance.
Le progrès est connoté au sens de mieux. Mais l'homme avance t-il en se rendant dépendant d'un pétrole qu'il épuise?
Dans la bouche de nos politiques, le progrès est lié au capitalisme, lui même indissociable de la croissance et de la consommation. Le capitalisme a besoin de croissance pour vivre (même si on sait que mathématiquement toute suite bornée supérieurement admet une limite.
Ainsi le progrès nous fait passer de acheter avec le fruit de notre travail, à acheter avec l'espoir de notre fruit de travail (le crédit), voir l'assurance de notre fruit du travail (j'entendais à propos de la Grèce, que celle-ci allait devoir privatiser ses administrations ): du crédit on passe à la soumission (la jeunesse étudiante américaine est contrainte d'accepter des conditions de travail difficiles pour rembourser les crédits qui leur ont été consentis pour leur études)
Je pense qu'il est bien important de comprendre la notion de progrès telle qu'elle est avancée par nos politiques. L'amalgame est facile : cette loi est nécessaire pour avancer, il n'y a pas d'autres alternatives, si nous voulons progresser il faut nous adapter...
On est bien loin de la dénotation de ces mots....
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