Paris - Calenzana : 3 juillet


Ce projet de GR20 date d'un an, quand avec mon frère Jérôme nous avons cherché une destination de randonnée. Mais en 2001 nous nous y prîmes trop tard.

Cette année 2002 fut la bonne, et nous réservâmes assez tôt des billets Nice/Bastia et Propriano/Marseille. Drôles de destinations ! Vous prendrez vous, un aller pour Calvi et un retour de Porte Vecchio. Mais on ne savait pas !

Entre temps, je parlais de ce projet à mon collègue Denis qui trouva l'idée intéressante. Aussi nous partîmes à 3, mais en ordre dispersé. Denis devait nous rejoindre à Calvi le 4, à 11H.

Donc le 3 juillet nous partîmes de Paris, mon frère et moi, sous une pluie radieuse et le sac à dos lourd. [Photos de Corse/Corse/Pret au depart.jpg]

Jérôme émettait l'idée que nous allions passer des vacances à Conca en prenant le métro, le RER, le VAL, l'avion puis le bus, le bateau, en faisant un peu de stop pour prendre le train, attraper le taxi jusqu'à Calenzana et de là rejoindre Conca à pied !!!!

Ce qu'il n'avait pas prévu c'est le temps qu'il faut pour parcourir ce trajet. Et qu'à l'arrivée à Conca il faudrait déjà repartir.

Ma femme me conseilla de mettre ma cape pour aller jusqu'au métro, mais confiant en les prévisions de météo France, je la laissais dormir dans le sac.

À l'heure prévue, Jérôme apparut sur le quai du RER, lieu de rendez-vous. Trop tard nous manquâmes le train. Peu importe ! nous avions de l'avance et le VAL nous déposa avant l'heure de notre avion.

Sur la balance mon sac pesait ses 18 kg et celui de Jérôme 20kg mais nous portions à deux, la nourriture pour 3, et lui la tente de Denis et nos gourdes étaient vides. Petit calcul : nous porterions environ un sac de 19kg.

Nota bene : les chaussures de Jérôme sonnent dans le portique de sécurité.

Le voyage en avion est toujours aussi captivant, et nous arrivâmes à Nice sous la canicule (28°). Jérôme se renseigna sur le lieu de départ du bus n° 28. nous prîmes la navette pour rejoindre le 2eme aérogare. Là, il s'aperçut qu'il avait oublié son sac. Qu'à cela ne tienne, il téléphona à la première aérogare pour demander s'il avait été trouvé. Mais personne ne répondait. Aussi reprit-il la navette dans l'autre sens (en passant par tous les parkings au passage) pour aller lui-même chercher son sac. En arrivant à la 1ère aérogare, il fut accueilli par la PAF qui avait déjà installé un périmètre de sécurité autour du sac, lui-même enfermé dans un caisson métallique, dans l'attente des artificiers.

« S'cusez-moi monsieur ! Je peux reprendre mon sac siouplait ? »

Nous prîmes enfin ce fichu car, afin de déposer le sac chez une copine, puis nous rejoignîmes le port, où nous attendait le bateau. Nous arrivâmes 5mn seulement avant le départ de celui-ci : « Deux non-identifiés à l'embarquement ! » annonça l'hôtesse dans son "talkie". Mais nous étions à bord.

Nous demandâmes alors au steward d'accueil quelles places nous étaient allouées. Il nous fit patienter un bon quart d'heure car il devait en référer à plus calé que lui. Puis nous attribua deux numéros de place au pont 4… absolument désert !!!

Comme il était presque 17 heures et que nous n'avions toujours pas déjeuné, nous engloutîmes un sandwich SNCM qui au demeurant est encore plus infâme que le sandwich SNCF.

Au départ de Nice, la mer était houleuse et on risqua fort de manger deux fois notre sandwich. Finalement, la mer s'est calmée un peu et les sandwichs sont restés là où ils étaient.

[Photos de Corse/Corse/Arrivee Bastia.jpg]

Nous arrivâmes à Bastia avec 30mn de retard, après nous être renseignés sur le bateau, nous avions appris que les campings étaient tous hors et loin de la ville, mais le commissaire de bord nous avait recommandé le Napoléon, hôtel proche du port.

C'est donc en direction du Napoléon que nous allâmes, mais ô stupeur la chambre était à 50 euros. Beaucoup trop pour nos bourses. D'autres luminions « HÔTEL » ne débouchaient que sur des immeubles dont quelques chambres étaient louées à l'année. D'autres gros sacs à dos erraient comme nous, à la recherche d'un gîte.

Aussi retournâmes-nous (faut le placer celui-là !) sur la place centrale de Bastia. L'office de tourisme était hermétiquement clos, de peur sans doute, d'un quelconque vol d'information concernant les hôtels et campings de la ville. Des Canadiennes (des vraies pas des tentes) nous donnèrent un judicieux conseil de nuitée bon marché : dormir à la belle étoile, là, au pied de la statue, derrière les massifs de fleurs.

Alors que nous réfléchissions à cette éventualité, une personne d'un guignol ambulant nous demande ce que nous cherchions. Nous expliquons alors que nous sommes à la recherche du gîte pour la nuit dans l'attente de notre train pour Calvi le lendemain à 9H00.

Il nous explique alors qu'il y a un camping au sud de Bastia à environ 5km. Mais pour y aller il faut franchir un tunnel routier ou faire un détour de 10km. Et pareil le lendemain pour reprendre le train à Bastia.

Ce monsieur voulut bien nous y emmener, de toutes façons il devait y aller disait-il.

Donc nous embarquâmes dans sa voiture en route vers le camping. Chemin faisant, je réfléchissais (moment rare) à la possibilité de reprendre le train plus loin, au niveau du camping.

« Bien sûr ! Il y a une gare, j'en suis sûr », nous dit notre chauffeur.

Le camping était au bord de la mer, mais pour la baignade, on repassera ! Trop d'algues ! Nous nous renseignons auprès du gérant pour savoir où l'on peut reprendre le train.

« Je vous explique : En sortant du camping, sur votre gauche, vous allez jusqu'aux containers et là vous prenez le petit chemin qui monte. Vous arrivez sur une plateforme. Vous montez sur la plateforme et vous faites signe au conducteur du train. Il s'arrêtera !!!! »

[Photos de Corse/Corse/Gare de  Bastia.jpg]

Ces explications nous laissèrent perplexes et nous comptâmes bien les vérifier avant le lendemain. En attendant, nous prîmes le menu du camping : assiette de charcuterie, spaghetti-boulettes, glace le tout arrosé d'un vin Corse. Ce repas fut fort bon (en tout cas surclasse la cuisine SNCM) et le vin lui commença à faire son effet. Aussi c'est fort gais que nous partîmes à la recherche de la plateforme. Il s'agissait en fait d'une dalle de béton de 2m sur 1m au bord des voies, et de marches pour y accéder. Nous nous entraînâmes (hilares) à arrêter le train et nous rentrâmes nous coucher.

La nuit fût chaude, nous dormîmes mal.



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