Asinau - Paliri - Conca : 17 juillet
Réveil 5h00 une première ! on fait attention à parler doucement et de ne pas faire de bruit afin de ne pas réveiller ceux qui sont tous déjà levés.
Les sacs sont légers, il ne nous reste plus dedans qu'un quart remplit de riz pour le midi.
Avec Nadia je commence la journée par un petit footing dans la montagne. Une heure de course. Bien sûr, ça fait doubler du monde. Mais je le paierai à la fin. Au refuge, Nadia, traîtreusement, m'abandonnera. Elle ne doublera pas l'étape.
En cours de route, Guy se blesse : il voulait faire croire à sa copine qu'il avait fait la variante alpine. Aussi coupe t-il à travers bois et au petit trot. Résultat : blessure au genou. Il évitera l'hélicoptère mais devra abandonner au col de Bavella.
Au col, une vue magnifique sur le brouillard. Nous y prenons un petit-déjeuner, le premier depuis notre départ : chocolat + beurre+ confiture + pain.
Le moral est au beau et le temps s'y met aussi. On fonce vers le refuge.
Le refuge est superbe. Le gardien y va à sang et à eau pour le rendre agréable. il s'y connaît en plantes et remèdes
On s'offre une heure, et on repart. Le chemin commence très tranquille. Mais quand viennent les cailloux, les genoux, les pieds, les chevilles et la tête demandent grâce. Mais l'étape n'est pas finie
Je commence à souffrir le martyr. Mais j'ai une technique : quand tu souffres, il n'est pas utile d'avoir mal longtemps. Aussi je repars au galop. La mécanique grince, souffle de toute part, je suis en eau et j'en ai plus.
Quand on la force, la machine se met à produire des endorphines* et après les douleurs s'estompent. mais pas la fatigue, ni la soif.
Qu'est ce qu'elle monte cette dernière descente vers Conca !
Enfin après un dernier col, une ville, tout en bas là-bas. À environ 3275 grincements de genou et de dent.
Je n'en peux plus, et je m'écroule à l'entrée dans Conca, à la source (que je vide). Je bois et je bois. Et ceux qui arrivent derrière moi font de même.
Tout le monde ne le fait pas.
Reste un bon kilomètre de route goudronnée. Et un km en crapaud, c'est dur !
L'arrivée au café, la Piétra, 170 km parcourus dit le panneau. D'autres ajoutent 12000m de dénivelée. Et combien de litres d'eau ? De cm de semelles ? De kilos de pâtes ?
Quand on arrive ici le premier mot qui nous vient à la bouche, c'est "putaing !"
Puis d'autres : on l'a fait, mais plus tard d'abord il nous faut récupérer.
La douche froide au camping reste cependant plus chaude que celle du refuge. Puis le resto (obligatoire).
Qu'est ce que ça fait du bien de manger. Un dernier groupe finit le GR20 à 19H30 et est fortement acclamé à son entrée dans le restaurant.
Il est 9 heures ! On a veillé très tard. Il est temps de se coucher.
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