Une poésie au hasard des mots.
PLAT DE POISSONS FRITS
Goût, vue, ouïe, odorat... c'est instantané

Lorsque le poisson de mer cuit à l'huile s'entrouvre, un jour

de soleil sur la nappe, et que les grandes épées qu'il comporte

sont prêtes à joncher le sol, que la peau se détache comme la

pellicule impressionnable parfois de la plaque exagérément

révélée (mais tout ici est beaucoup plus savoureux), ou (com-

ment pourrions-nous dire encore ?)... Non, c'est trop bon ! Ça

fait comme une boulette élastique, un caramel de peau de pois-

son bien grillée au fond de la poêle...



Goût, vue, ouïes, odaurades : cet instant safrané...

C'est alors, au moment qu'on s'apprête à déguster les filets

encore vierges, oui ! Sète alors que la haute fenêtre s'ouvre,

que la voilure claque et que le pont du petit navire penche vertigineusement sur les flots,

Tandis qu'un petit phare de vin doré - qui se tient bien ver-

tical sur la nappe - luit à notre portée.
Francis PONGE



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